Les deux derniers livres d’Armande Gobry-Valle sont la signature d’un grand écrivain. Pourquoi ? Parce qu’ils sont porteurs de tant d’émotion que la tristesse devient un vrai bonheur.
Armande Gobry-Valle, lauréate du Goncourt du premier roman 1991 avec Iblis ou la Défroque du serpent, s’est attachée dans Un Triptyque aux destins de trois femmes, trois générations d’une même lignée qui traverse le siècle. La vie quotidienne de trois femmes qui ont le malheur pour style de vie. Des (...)
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Articles en accès libre
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Gobry-Valle pathétique
1er janvier 1993 -
L’érotisme à la page
1er janvier 1993La Maison des écrivains joue à l’institut de sondage et interroge soixante auteurs : Qu’est-ce que la littérature érotique ? La plupart tentent de ne pas répondre. Petit tour d’horizon.
L’écrivain le plus lucide est une femme, Colette Deblé : « La littérature érotique n’a d’autre but que de prendre le pouvoir sur le corps du lecteur et le faire bander ou mouiller, se produire et reproduire ». Pour le reste, la plupart de nos écrivains s’enlisent entre la discussion de café du commerce et (...) -
Prolégomènes
1er janvier 1993Jean-Paul Michel, alias Jean-Michel Micheléna, qui a écrit jusque là une oeuvre toute poétique nous livre aujourd’hui dix sept proses et un poème, dédiés à des artistes. Bien que ces textes soient de « circonstances », l’enterrement d’Hervé Guibert, une rencontre avec Michel Foucault, d’« admirations », pour l’oeuvre contemporaine du photographe Bernard Faucon ou celle, ancienne, de la Boétie, ou de circonstances et d’admirations mêlées, la lecture d’un livre de Pierre Bergougnioux ou (...) -
Les vies minuscules de Christian Garcin
1er janvier 1993On s’émeut facilement à lire Christian Garcin. Sa plume, au service d’une admiration pour des artistes de tous lieux, de tous temps, esquisse des gestes d’une pureté de cristal auxquels s’accrochent toute une vie. Vidas, ce sont quelques mots sur un écrivain, un peintre, un musicien, (mais aussi sur Néron ou Marie-Madeleine) juste de quoi nous donner des regrets de n’en pas lire plus. Rarement écriture aura été plus suggestive, poétique et saisissante. Car c’est bien cela : Christian (...) -
Les guerres sont loin
1er janvier 1993Depuis le 23 avril 1945, jour où les portes de son wagon furent ouvertes par des soldats russes, Lucien Duckstein s’est tu. Le camp de Bergen-Belsen a beau être un souvenir de déportation atroce, la vie est plus forte que le souvenir. Il racontera malgré tout, pour ses enfants, avec une clairvoyance effroyable où l’instinct de conservation devient une lutte permanente contre la monstruosité humaine. Un récit pour savoir. Editions du Scribe/Editions Liana Levi 122 pages, 85 FF -
Science ultime
1er janvier 1993Science ultime propose un parcours vertigineux à travers le langage. Traduit du portugais, ce long poème tient à la fois de la spéléologie, de la sculpture et de l’alchimie. Avec ce que Herberto Helder appelle « la cohérence de l’énergie », il explore tous les états de la matière, harcèle les images, transmue les sens pour bouleverser la réalité. L’aventure poétique est une gestation nocturne, où verbe et vie s’allient et se frottent à la mort. Il s’agit, par un violent travail, de (...) -
Le Monde du bout du Monde
1er janvier 1993Une bonne brassée d’alizés que ce Monde du bout du Monde. A travers les fjords du Pacifique Sud, la chicha de pommes et les pirateries séculaires, un journaliste allemand, spécialiste d’écologie maritime, part à la recherche, sur les côtes chiliennes de son enfance, d’un baleinier-usine japonais, le Nishin Maru. Polar d’investigation sur fond de légendes océaniques, ce roman est un bel hymne en faveur du respect des conventions internationales. Luis Sepùlveda est l’auteur du Vieux (...) -
Les Fantômes de Rowan Oak
1er janvier 1993On connaissait William Faulkner, l’auteur de vingt-cinq romans et de sept à huit douzaines de nouvelles. Mais on ne connaissait pas, ou mal Monsieur Bill ou encore Pappy Bill, celui qui, le soir, à Rowan Oak, dans sa maison d’Oxford (Mississippi) racontait des histoires aux enfants. Des histoires magnifiques et terrifiantes. La nièce de l’auteur, Dean a décidé d’en reconstituer quelques unes, pour le plaisir de tous Seghers, 137 pages, 98 FF -
Rezzori, l’oeil des Carpates
1er janvier 1993C’est dans le démantèlement de l’Empire austro-hongrois, l’exclusion d’un peuple du cours de l’histoire que se nourissent les écrits de Gregor von Rezzori. Fragments autobiographiques.
Les éclats d’obus avaient creusé des cratères où la pluie s’accumulait en flaques d’eau. A quelques centaines de mètres seulement, gisait encore le cadavre monstrueusement boursouflé d’un cheval. Cette maison devait pourtant abriter une enfance gaie et heureuse, bien que brève et pleine de tensions ; (...) -
Stefano Benni, le rire de l’angoissé
1er janvier 1993Baol de l’Italien Stefano Benni ressemble au 1984 d’Orwell revu à la sauce Monthy-Pyton. Mais derrière le rire, se profile la gravité d’un clown désespéré. Baol, c’est magiquement drôle.
Stefano Benni nous présente un drôle de personnage dans les pages de son roman Baol. Espèce de mage (il en a les dons) notre narrateur, Melchiade Zaporog’zie Bedrosian, se voit amené à collaborer avec des opposants au régime en place, régime tyrannique qui contrôle tout, à commencer par la (...)