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Articles en accès libre
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Les bonnes recettes d’Hervé Le Tellier
1er novembre 1992Le Voleur de Nostalgie d’Hervé Le Tellier se déguste. Aux plaisirs des sens, il associe ceux de l’intelligence. Un chroniqueur publie chaque semaine une recette de pâtes italiennes. Il signe d’un pseudonyme à la couleur locale : Giovanni d’Arrezo. Un homonyme lui écrit d’Italie. Notre homme de goût tente de lui répondre et, après recherche, envoie une même lettre aux trois Giovanni d’Arrezo répertoriés par le Bottin à Florence. C’est le début d’une correspondance croisée et (...) -
Toute la détresse de l’Amérique
1er novembre 1992Rarement nouvelles d’un même recueil auront à ce point donné l’apparence d’une unité. Comme un leitmotiv pathétique, la mort vient hanter chacun des textes de Dérapages, le second recueil de nouvelles de l’Américaine Joy Williams. On sort meurtri d’une telle lecture, ébranlé par l’acuité avec laquelle la romancière porte un jugement sur la condition humaine. Une acuité partagée, bien malgré eux, par ses personnages qui trouvent dans l’alcool un moyen fallacieux de troubler leur (...) -
plaisir de la langue et langue du plaisir
1er novembre 1992Claude Louis-Combet publie deux textes aux éditions Lettre Vives de Michel Camus. L’occasion de découvrir un poète des sens toujours prêt à mettre à feu à nos désirs.
Claude Louis-Combet est un écrivain du désir pour lequel le verbe se fait charnel. Et même si, en ce qui concerne la langue, « entre tous les objets de désir qui l’excitent, les mots représentent la part la plus spirituelle », cette part n’est pas exempte de sensualité puisque la langue « cueille (les mots) à fond de (...) -
La déchirure posthume
1er novembre 1992Quarante ans après le déclin du IIIe Reich, l’Allemagne continue de régler ses comptes avec sa mémoire. Entre la folie et l’amnésie, Gert Hofmann nous sert sa double Dénonciation.
Karl Hecht fait les cents pas dans sa maison. Il est tard. « Faut-il que je réveille ma femme pour lui annoncer la mort subite de mon frère jumeau » se demande-t-il. « Non, elle t’en voudrait à mort, quelque soit le défunt, de l’avoir tirée sous ce prétexte d’une léthargie si chèrement acquise. » L’avocat (...) -
Croisées de vie
1er novembre 1992Ce moment que nous vivions ensemble et l’aménagement du temps à vivre ensemble, étaient nos seuls soucis ". La vie est faite de rencontres, parfois intenses et déterminantes, nous susurrent les nouvelles de Cantate 103, le premier recueil de Véra Simonin. Née à Sarajevo en 1936, la dame aux cheveux blancs a épousé la France il y a trente ans, et donne habituellement dans la poésie. Ses phrases sont doucement musicales, ses nouvelles harmonieuses. Cantate 103, une musique de Bach, un (...) -
La femme blessée
1er novembre 1992Cette « femme qui court » est irlandaise. Comme beaucoup de ses compatriotes, elle porte une blessure. Car l’Irlande, c’est une « truite qui dévore sa portée », assenait Joyce. Cette femme qui court est restée à l’arrêt un jour. A cause de sa mère suicidée, et à cause de son père incestueux. Traumatisme choyé jusqu’à l’excès - il est tellement plus facile de passer pour folle - son mari, se satisfait de cette femme lunatique. Un homme « fait de glaise », Dominic O’Hara va s’y (...) -
Vaine recherche
1er novembre 1992Le premier recueil de Nina Zivanceviv publié en français était porteur d’un chapelet de promesses. Son éditeur nous a habitués à de belles découvertes, Françoise Bouillot s’est occupée de la traduction et le personnage fantasque de l’auteur semblait être le gage de textes très novateurs. Mais la lecture achevée, il ne s’est rien passé qu’un peu de temps. Chaque nouvelle donne l’impression d’avoir été bâclée par un enfant pressé d’en composer une autre. La seule urgence d’écriture (...) -
Novalis ou le romantisme totalitaire
1er novembre 1992Chimère magnifique dont rêvait le romantisme allemand, la poétisation des sciences a trouvé en Novalis son mystagogue le plus émérite, tant le développement organique de son écriture fonctionne - tout au moins dans ses meilleurs moments - par absorption du langage discursif dans le langage « poétique ». Au lecteur de découvrir ces régions incertaines où l’atomisme sémantique du discours rationnel implose en une sourde déflagration qui ne va pas sans un tremblement sacré. A cet égard, (...) -
Les vertiges de l’amour
1er novembre 1992Comment un jeune bourgeois frivole, meurtrier de sa femme, se repent dans la folie. Madalina, le livre le plus moderne de Liviu Rebreanu, grand romancier roumain de l’entre-deux-Guerres.
Dans l’oeuvre considérable de Rebreanu, Madalina est une curiosité, au même titre que pourrait être une curiosité, malgré l’imprudence d’une telle comparaison, L’Oeuvre dans les écrits d’Emile Zola : un livre dont la construction et la recherche thématique est en total décalage avec la nature de la (...) -
Le Stephen Frears des lettres
1er novembre 1992Alexander Stuart avec Zone dangereuse a réussi un roman troublant. Dans une Angleterre arrosée de pluie, une histoire d’inceste avec une Lolita sortie du mouvement punk.
Alexander Stuart écrit comme un amant soulève la bretelle d’un soutien-gorge : la plume suggère d’abord et révèle ensuite. Guetté avec impatience, l’objet convoité apparaît alors dans toute sa nudité. L’effet est assuré. Le soutien-gorge arraché dans Zone dangereuse est celui de Jessie, la soeur nymphomane de Tom, le (...)